Rose 4

Gilles sest redressé, a empoigné sa verge, la secoue, son bras gauche la lève et la descend à plusieurs reprises, la met en position, en face du sexe :sa main droite prépare le terrain, et le mouvement appuyé de ses fesses le plante dans le vagin. Rose entame la mélodie du bonheur. Je tire Sylvie sidérée, je la pousse, elle court. Je referme à clé la porte de notre abri. Ils étaient tellement pressés de se prendre et de se donner quils ont oublié de fermer la porte principale à clé. Sylvie entre innocemment en appelant son mari gentiment, marque un temps darrêt et pousse des hurlements pendant que je méclipse vers ma voiture. Je démarre, il me reste 45 minutes pour revenir au foyer. Rose aura pu mettre de lordre, retrouver son souffle et présenter un aspect normal. Je suis curieux de constater comment elle aura encaissé cette nouvelle interruption dun plaisir promis mais dérangé

20 h 10, je sonne, Rose repeignée et rafraîchie mouvre avec un sourire figé. Elle sort sur le seuil inspecte les alentours à la ronde puis rentre après moi, un peu rassurée de navoir pas vu dattroupement.

— Alors, tu as bien avancé ton ouvrage aujourdhui ? Gilles nest plus là ?

— Nous navons rien fait en réalité. Nous étions en train de disposer notre matériel et commencions à peine à entrer dans le vif du sujet quand sa femme est arrivée et lui a demandé de rentrer parce quils avaient de la visite. Il sest excusé et a disparu. Jaurais tellement aimé finir aujourdhui ce que nous avions débuté.

Comme je la comprends. Le vif du sujet : je nai pas besoin dun dessin pour savoir où se trouve le vif du sujet, jai vu Gilles pénétrer lendroit ! Se rend-elle compte du double sens de ses paroles ? La bouche parle de labondance du cur. Assurément, elle aurait aimé achever ce quelle venait de commencer quand Sylvie est entrée. Son imagination débordante mérite dêtre encouragée :

— Je suppose que ce nest que partie remise. Tu penses quil reviendra jeudi prochain, pour parfaire votre uvre et combler tes espérances ? Ce cirque va durer encore longtemps ? Je commence à perdre patience, et ces cornes qui poussent sur mon front vont bientôt éclairer les voisins.

— Tant pis si les voisins ont des idées mal tournées. Quand je commence quelque chose, je vais jusquau bout. Je suis désolée que ça te déplaise.

— Et sa femme, comment est-elle?

— Cest une belle blonde, apparemment très aimable, mais nous navons pas eu beaucoup de temps pour faire connaissance ; ils sont partis presque aussitôt.

Blonde oui, aimable ? Le mot doit cacher un gros mensonge. Jentre dans ce concours, moi aussi je sais mentir :

— Chérie, jai oublié de te dire que je pars en réunion à Paris, mardi après-midi, je dormirai à lhôtel et rentrerai mercredi en fin de journée.

— Que faut-il que je te prépare, mon amour?

La bonne épouse ! Ce déplacement ne la chagrine pas. Lorage est passé, le vent a chassé les nuages. Il ne reste plus de traces en dehors dun léger tremblement des mains, un peu de sang dans le blanc de lil et des regards obliques vers la porte dentrée, comme si elle craignait un retour de la mégère déchaînée qui la secouée et couverte de mots orduriers. Le câlin à lheure du coucher me laisse de marbre, le jeudi soir après le tennis, je peux prétexter une saine fatigue et comme je ne tiens pas à déraper sur les sécrétions de lamant de ma femme, je mabstiens. Dans la masse des incertitudes qui mécrasent, jaurai une certitude au moins : celle de ne pas être le père de lenfant que Rose pourrait concevoir. En effet je nai pas vu les amants prendre des précautions, sortir couverts comme dit De Chavanne.

— Chéri, tu me délaisses, est-ce que je ne te plais plus ? susurre-t-elle.

Elle est en manque, ma parole, en pleine période de frustration. Je me dérobe au risque de la précipiter plus vite et plus fort dans les bras de ce bellâtre ou de tout autre homme en mal damour. Mais mon cocufiage depuis ce soir est consommé, jy ai assisté avec peine et je ne peux plus supporter les attentions de la femelle en chaleur à laquelle je tourne délibérément le dos. Mon cur dans ma poitrine est une pierre lourde, horriblement pesante. Ce qui est perdu est perdu. La face que je regarderai désormais nest plus quun masque. Ses mots damour me soulèvent le cur.

Il naura pas fallu plus de deux ans de mariage pour me réduire à ce rôle infâme de mari cocu. Autant de serments damour, autant de gestes damour réduits en bouillie par cette liaison, et peut-être par dautres. Lart de la tromperie avec lequel elle croit actuellement me laisser dans lignorance de son aventure amoureuse et sexuelle, pourquoi ne laurait-elle pas rôdé depuis notre mariage avec dautres compagnons ? Je me réfugie derrière mon refus des séances à domicile et je lui répète les raisons de mon mécontentement, je nutilise pas le passé récent.

— Je ne peux plus faire lamour à une femme qui se moque de mon avis. Tu as décidé de recevoir un étranger dans notre demeure et tu tes arrangée pour le faire quand je suis absent. Tu sais pertinemment que cest un coureur de jupons. Ta décision est un défi. Je ne ferai plus lamour avec toi aussi longtemps que tu me pousseras à soupçonner que vous me cocufiez, si ce nest déjà fait. Je nattends quune preuve. Et si je ne veux plus faire lamour avec ma femme, cest pour lui permettre de savoir qui sera le père de son enfant. Non, cette femme-là ne me plaît plus. Et si ce type met encore les pieds dans ma maison, je vous ficherai dehors lui et toi.

— Quel manque de confiance. Tu sais que ça tue les sentiments ?

-Je croyais tavoir interdit de parler de confiance avec moi ? Dormons avant de nous fâcher gravement. Rêve à ton Gilles si ça te plaît, mais si tu veux éviter un malheur, prends tes rendez-vous ailleurs que dans notre salon ou dans notre lit. Va faire tes cours particuliers dans une chambre dhôtel où tu ne seras pas dérangée.

Il nest jamais venu dans notre lit. Tu dérailles !

Il ne viendra plus dans cette maison, si tu tiens à sa vie et à la tienne ! Ici, cest chez nous et pas seulement chez toi. Je décide dinterdire cette porte à ce débauché. Je me demande combien de temps encore je vais supporter de vivre avec une femme qui se paie ouvertement ma tête. Inutile de pleurer, tu sais mieux que moi les raisons de ma colère.

Franchement, après le spectacle de son accouplement adultère, ces larmes de crocodile, ne me touchent plus. Car elle sait ce quelle a fait !

Je nai rien à faire à Paris mardi prochain. Si Rose et Gilles veulent se revoir, loccasion que je leur sers sur un plateau est trop belle pour quils la manquent. Je serai présent à mon observatoire, je my introduirai pendant la séance datelier dart. Et je ny serai pas seul. Dans un café fréquenté par des célibataires, jai lintention den recruter trois. À la pharmacie, je dois me procurer la pilule du lendemain pour le cas où Rose aurait une nouvelle fois négligé de protéger ses rapports avec Gilles et des préservatifs à laisser traîner.

Comme convenu, le samedi matin je rencontre Sylvie au marché. Sa fureur ne lempêche pas de me raconter quelle na pas eu à se forcer pour hurler, traiter ma femme de croqueuse dhommes, de briseuse de ménages, de petite grue. Elle lui aurait tiré les cheveux et claqué le visage alors que ma femme atterrée nopposait aucune résistance. Ce qui a surtout plu à Sylvie, elle en rit maintenant, cest que, ayant menacé ma femme de la dénoncer à son mari cocu, Rose sest jetée à ses pieds, a demandé pardon, a juré quelle ne recommencerait plus, a admis que cétait-elle la provocatrice, mais a supplié de ne rien dire à son mari.

— Elle a promis, en présence de mon mari, de ne plus le recevoir pour des cours particuliers. Jai ensuite secoué mon mari. Il a reconnu quil sétait laissé entraîner et quil regrettait davoir répondu aux avances de Rose. Il ma juré que cétait son premier et dernier écart et que bien entendu, il fuirait votre femme. Il se demandait même sil nallait pas lexclure de latelier. Vous voyez que nous avons effectivement mis fin à cette liaison. Comme vous, je regrette que votre femme et mon mari nous aient trompés. Jai averti mon mari, sil vient à recommencer je divorcerai. Et comment a réagi votre femme ?

Je raconte que je lui ai laissé le temps de se remettre de la tempête. Je ris du prétexte de larrivée tranquille de lépouse pour expliquer le retard de son ouvrage. Bien entendu Sylvie nie lhistoire des visiteurs inventée de toute pièce par ma menteuse

Elle vous a trouvée aimable, mais a regretté de navoir pas pu plus longuement faire connaissance ! Vous navez pas tapé assez fort Sa fièvre amoureuse aurait pu faire le bonheur dun mari heureux. Je lui ai dit que je ne lui ferais plus lamour aussi longtemps quelle recevrait Gilles afin quelle puisse savoir qui serait le père de son enfant. Jai déclaré fermement que son défi avait assez duré, quelle connaissait mieux que moi les raisons de ma colère et que, enfin, jinterdisais ma porte à ce débauché. Et dire quil y a une dizaine de jours, elle me demandait de lui faire confiance et de ne pas être jaloux ! Je sais à quoi men tenir. Je ne prendrai une décision quaprès une dernière épreuve. Je veux voir si Rose et Gilles vous ont fait des serments sincères ou sils pensent reprendre leur relation dans notre dos

— Comment ferez-vous ? Je suis, comme vous, curieuse de savoir sils sont sincères. Si je peux vous aider, faites-moi signe.

Immédiatement, je lui fais part de mon plan .

— Me croyant absent, nos tourtereaux voudront en profiter pour occuper la maison le plus rapidement possible après le cours du groupe dans la salle habituelle. Pendant cet atelier, je me serai installé dans la place, prêt à intervenir personnellement. Vous pourrez me rejoindre avant 20 heures. Lune de nos chambres nest pas meublée et nous la gardons fermée. Nous y attendrons nos époux en silence. Sils viennent, nous leur réserverons une sacrée surprise au plus fort de leurs ébats. Nous saurons en patientant ce que seront leurs projets. Comme Gilles ne peut pas sattarder, surtout si vous lui imposez de rentrer au plus tard à 21 heures, nous naurons pas trop à attendre. Je tiens à garder linitiative et vous devrez attendre mon signal. Je moccuperai personnellement de votre mari et je vous livrerai ma femme. Je compte sur vous pour quelle ne vous trouve plus aussi aimable.

Est-ce quune cravache ferait laffaire ? Jai fait de léquitation et il me reste en souvenir une bombe et deux cravaches.

Ce serait parfait, au moins pour les effrayer ! Jaurai grand plaisir à cravacher le cavalier de mon épouse, vous pourriez cravacher la monture ! Si leur réunion ne se tenait pas, nous pourrions attendre que Rose se couche pour quitter les lieux. Je nai annoncé mon retour que pour la soirée du mercredi.

Related posts

La violoniste Laura Torillo a disparu ! – Chapitre 2

historiesexe

Journaliste, une carrière à part – Chapitre 2

historiesexe

Les égarements de Françoise – Chapitre 3

historiesexe

Laissez un commentaire

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte .