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Lettre à ma femme – Chapitre 2




Depuis le retour dAnnie, ma vie est devenue un cauchemar et tu ne ten aperçois pas. Tu me regardes sans me voir, quand, encore, tu trouves le temps de me regarder. Tu agis comme si je nexistais plus, en dehors des contraintes de la vie matérielle. Il ny a plus que ta meilleure amie. Vingt ans après, elle a regagné son influence, néfaste à mes yeux, magnifique aux tiens. Je vous observe et je hais lintrigante qui ruine ma vie et te soustrait aux engagements de notre mariage. Tu es tellement subjuguée par ses décisions que tu en oublies les précautions les plus élémentaires pour me dissimuler vos égarements. Peut-être prendras-tu le temps de lire cet appel au secours, peut-être ma lettre te mettra-t-elle à labri des entreprises de celles que tu suis aveuglément. Le rappel de son aide précieuse pour nous séparer il y a vingt ans devrait suffire à te dessiller les yeux sur la nature de votre amitié. Mais les choses sont peut-être allées trop loin pour que tu puisses réagir. Il ne fait pas de doute quelle manuvre, aujourd’hui, dans le même but quen ce temps là : nous désunir. Ce que je nai pas encore su déterminer, cest si elle agit de sa propre initiative pour le plaisir de détruire notre couple ou si elle répond à ton désir de te défaire dun mari devenu encombrant pour toi.

Enceinte, parmi ses amants, en hâte, elle a mis le grappin sur le premier brave type qui a accepté de lépouser. Et pendant vingt ans, tu nas plus entendu parler delle ! Ça en dit long sur la qualité de votre amitié. Elle revient, elle nous envahit. Elle a eu tôt fait de me relancer, de me rappeler un rendez-vous manqué dans le parc et de me mettre au défi de rattraper le temps perdu sur un banc de pierre, dans un certain bosquet. Est-ce son piège ou une combine de deux amies rassemblées, en es-tu linstigatrice ou la victime ignorante ? Jai honte décrire mes soupçons à ton propos, mais ton comportement me jette dans le plus grand trouble. Ses tenues provocantes, ses propos égrillards sont-ils uniquement destinés à ton mari ? Je te vois béate dadmiration ; ce qui me laisse indifférent, semble te séduire.

Dès la première visite, je vous ai entendues souhaiter lunion de Jean et dOdile : vos enfants raffermiraient ainsi une amitié mise en veilleuse pendant vingt ans (une veilleuse peu entretenue, reconnais-le). Pardonne-moi de penser que je suis le père de Jean et quil ne serait pas absolument impossible que je sois celui dOdile. Cette conclusion est à tirer de ma confession précédente. Nous irions ainsi à linceste. Le mot ou la chose te choquerait-il encore ? Ah ! Si je savais ce que ta meilleure amie a pu te dire en confidences et quelle part de vérité contiennent ses confidences, je mépargnerais bien des tourments. Laisseras-tu faire ou devrai-je étaler, devant Jean, cette page obscure de mon passé. Jen viens, cest horrible, à souhaiter que Jean ne soit pas mon fils. Quand tu me déclarais que tu maimais, je pensais quil était le fruit de notre amour. Depuis, je tai entendu dire à dautres que tu les aimais. Voilà pourquoi tu peux renoncer à votre projet dunir « vos » enfants.

Jai brisé le cur de mon fils, en lui racontant ma très brève liaison avec Annie. Je lui ai révélé mes doutes à propos de la paternité dOdile. Il aime bien Odile, cest une étudiante brillante, mais toujours triste, hélas. Ils se fréquentent, sont confidents, mais Odile lui a confié quelle ne se marierait jamais. Son amitié pour Jean, exceptionnelle, cache un profond dégoût pour les hommes de façon générale. Tu me diras que cest un état passager, difficile mais surmontable. Tu changeras davis si un jour ta meilleure amie reconnaît devant toi que sa fille a été victime dun viol. Il faudrait aussi quelle nomme lauteur du viol. Mais si elle en arrive à ce point, elle taura persuadée quil sagissait dun jeu ordinaire, bien naturel témoignage dun amour passionnel irrésistible entre une jeune fille nubile et le compagnon dévoué de sa mère. Car, je te dois ce secret, le violeur, cest Léon, cet ami que tu admires et dont tu es si proche : jen reparlerai plus loin. Il a vaillamment profité dun jour de fête arrosé pour rejoindre la petite dans son lit. Elle sest réveillée avec un sexe imbriqué dans le sien. Honteuse, elle nen a rien dit. Il sest cru autorisé à récidiver pendant des jours. Incommodée, la gamine en a informé sa mère. La brave femme sest indignée, a traité sa fille de briseuse de ménage. Je ne retiens pas les autres qualificatifs trop crus. Pour Annie, la victime était fautive. Et pourquoi mes révélations ont-elles brisé le cur de Jean, déjà au courant de la misère dOdile ? Devine

Tu ne peux pas trouver et tu ne voudras pas me croire, ou tu es plus à plaindre que je ne le pensais. Ce jour-là, Jean revenait de chez Odile. Odile sétait absentée et cest Annie qui la fort aimablement reçu. Jean a eu le courage dévoquer le viol dOdile. Annie a pleuré, sest plainte des brutalités de Léon, de sa bestialité, sest dite perdue, sest épanchée, a inspiré pitié. Cette pleureuse effondrée, cette mère si durement éprouvée, démunie en face des menaces de son compagnon a fini par attendrir ton fils venu lui demander des comptes. Il a voulu sécher ses larmes, la gardée dans ses bras où elle se sentait en sécurité. La pieuvre la pris dans ses tentacules, sest accrochée à lui, a donné et reçu un baiser et de mots de consolation en déclarations damour, ils se sont retrouvés au lit. Annie avait déniaisé le père, vingt ans plus tard, elle a consolé le fils du chagrin infligé par sa fille, incapable daimer un homme. Donc, Jean venait de découvrir les gestes de lamour dans les bras de la meilleure amie de sa mère. Tu dois en éprouver un grand bonheur et un immense sentiment de reconnaissance. Mais en fait, cela tétonne-t-il ? Nes-tu pas déjà au courant ? Jaurais presque tendance à penser que cela fait partie dun plan densemble bien élaboré auquel tu nes, peut-être, pas tout à fait étrangère. Annie, moins prude que notre fils a dû te faire le récit croustillant de la cougar dépucelant un étudiant et tu as dû te délecter à entendre vanter, par ta meilleure amie, les qualités athlétiques déployées par ton fils dans ses draps. Peut-être même, ta-t-elle montré les traces de sperme dans des draps que tu dois connaître. Javance daffirmations en suppositions, je pars du passé et je fais le lien avec le présent, je croise mes constatations avec les propos des autres. Autrefois, mes insinuations tauraient indignée. Jattends tes réactions sur ce point également.

Tout cela est nauséabond, pour moi certainement, pour dautres aussi. Mais pour toi ? Et je ne suis pas au bout. Il faut que tu saches ce que je sais et depuis avant le problème de Jean.

Pourquoi a-t-il fallu que par un jeu de miroir, je voie linimaginable, lincroyable dans ma maison. Toi et Annie. Les deux amies, debout au salon, enlacées longuement, comme engluées, dans limpossibilité de vous détacher au moment où je reviens à la maison. Je passe dans le couloir, la porte du salon est à moitié ouverte, vous êtes en retrait dans un coin. Dans le miroir du fond de la pièce je vous vois. Ou vous vous croyez invisibles ou vous le faites exprès pour me provoquer. Vous vous étreignez, vous êtes bouche à bouche, engagées dans une dégustation gloutonne du mélange de vos salives, seins contre poitrine, blouses encore ouvertes. Vos mains courent sur le dos, sur les flancs. Les deux amies sont amies de cur, elles sont aussi, le corps à corps le proclame, amies de corps, de sens et, là jimagine, de sexe. Deux femmes ainsi soudées, même vêtues, jambes emmêlées, ventres roulants lun contre lautre avec passion, yeux plongés dans les yeux, est-ce que ça peut prêter à confusion ? Il était des mots passés de mode, jugés indignes, comme gouines. À lheure actuelle, on préfère lesbiennes, cest plus noble. Je sais. Mais quand on voit sa femme dans cette situation, on reçoit un choc. Je marrête, retourne sur mes pas, méloigne pour ne pas voir, incrédule. Le retour dAnnie est encore récent. Jai peut-être mal interprété une pose. Je ne veux pas y croire, ten parler te ferait de la peine. Je me tais, mais une alerte a sonné. Je vais veiller. Je me garantis un moyen de pénétrer à toute heure à la maison.

Je commence à me poser des questions. Tout pour être heureux. Une femme comblée : mes illusions viennent de se casser la figure. Ah ! Sans ce miroir. Le briser ne rétablirait pas mon monde idéal.

Le mari nest pas suffisant, le confort ne fait pas les sentiments, les serments damour ne garantissent pas la fidélité. Le cauchemar. Pourtant au lit, tu continues à faire lamour. Tu deviens même plus sensuelle, plus audacieuse. Cest comme une seconde jeunesse. Jaurais tort de men plaindre. Les câlins sont plus chauds, tes tabous disparaissent. Ton cul intouchable devient un passage obligé, tu adores que je te fasse minette, tu tires sur tes grandes lèvres pour que je te pénètre mieux, ton vocabulaire sétoffe, ton sexe sappelle minou, mimi, frifri, le losange, la cramouille, la foufoune, ton vagin est aussi mon trou, mon manchon, mon divertissoire, la chagatte, la fente, la crevasse, la moule ou le pressoir à bite, lextracteur à sperme, le réservoir à foutre. As-tu fais des recherches dans un dictionnaire dargot, Annie te procure-t-elle des revues pornographiques ? Qui a glissé dans le tiroir de la commode où tu mas demandé de te choisir une petite culotte, qui a glissé cette bande dessinée audacieuse sinon obscène ?

Jobserve, je métonne. Que dire ? Que faire ? Au secours, je ne sais plus qui je suis, qui tu es. Je croyais te connaître, mais tu changes, je ne te reconnais plus. Tout ça pour un baiser !

Depuis des années, nous prenons le repas de midi à la cantine ou au restaurant. Notre travail dans le même bâtiment, selon le même horaire a permis cette rencontre de mi-journée. Tu as toujours déclaré que cétait un avantage considérable. Un jour, tu as dû retourner à la maison, tu avais oublié, je ne sais plus quoi. Et tu es revenue en retard à pas pressés. Cétait avant la scène du miroir. Le lendemain de ce jour maudit, tu texcuses de me laisser seul à midi à cause dun oubli. Tu dois impérativement…, mais tu te feras un sandwich…, il ya ce quil faut dans le réfrigérateur. Non, surtout ne maccompagne pas, ça va aller. Quel long discours pour un événement qui devrait être anodin. Je décide de te suivre, je te laisse de lavance. Au premier croisement de rue, la silhouette pressée devient double. Loubli sappelle Annie.

Par le garage, jentre chez moi. Vous navez pas eu la patience datteindre la chambre pour vous déshabiller. Comme le petit poucet, je suis les blouses, jupes, escarpins, ici un soutien-gorge, là un string humide pour me retrouver à lentrée de la chambre de Jean, celle où je me garderais bien de fouiller! Cest astucieux, je ne verrai pas le désordre.

Cest lheure du repas, le temps presse, en un soixante-neuf avancé, vous vous bouffez la vulve, puisez dans le puits profond le nectar de cyprine, lécumez dun doigt qui fouille avant de le porter en bouche, grognez comme des gorets pour manifester la joie de vous dévorer, vous soufflez, vous piaffez, vous riez, vous êtes heureuses. Etes-vous rassasiées ? Dans les draps, vous essuyez vos mentons barbouillés de mouille odorante, lenlacement se défait, vous vous remettez en bouche à bouche pour partager les dernières miettes de vos rapines et mélanger les odeurs si différentes de vos sexes.

« Bon, tu en es où avec Paul ? Si tu ne te décides pas à lui en parler, je le ferai pour toi !

Ah ! Non, je ten prie pas ça ! Cest mon mari, un gentil mari ! Je laime, je ne peux pas lui faire ça !

Mais enfin, il appréciera ! Pourquoi as-tu peur de lui en parler ? Ecoute, cest quelque chose de normal, de tout naturel, cela se fait de plus en plus dans tous les milieux ! Tu te prives et tu le prives, cest égoïste !

Je le connais, il ne voudra pas. ! Au contraire, il men voudra de lui faire cette proposition ! Tu vas trop vite, laisse-moi le temps !

Je ne vois pas ce que le temps vient faire là dedans, tu navances pas !

Mais si, patiente, jai rallumé les feux de lamour ! Je le chauffe, jouvre de nouvelles portes ! Tiens, mets deux doigts dans mon cul, tu vois, maintenant, mon sphincter est plus souple, je lai décidé à me sodomiser !

Cest bien ! Un jour, tu connaîtras le plaisir de te faire remplir par devant et par derrière en même temps ! Tu sais, Léon est partant !

Tu exagères toujours ! Je veux bien amener Paul à te faire lamour devant moi, si tu jures que tu me le laisseras, mais Léon, je ne le sens pas ! Un jour, tu en dis du bien, le lendemain, tu le traites de fêlé !

Cesse de tergiverser, tu es mon amie, tu maimes ou tu ne maimes pas ? Alors, tu dois me faire ce plaisir ! Je taccorde encore du temps pour convertir ton mari à léchangisme ! En attendant, tu vas essayer Léon, il nest pas toujours de bon poil, mais il a tellement envie de toi quil te mangera dans la main ! Tu en feras ce que tu voudras, il bave à lidée de te culbuter ! Cest un champion, tu seras heureuse de faire lamour avec mon étalon ! Il est capable de te bourrer la truffe pendant des heures ! Il lime comme une machine dajustage, son arc te soude la chatte, son écouvillon te ramone la cheminée, il te met le feu, puis de sa lance à incendie, il te noie le fond du ravin ! Et toi, tu te prends pour la Callas ! Tu vas gueuler comme une salope !

Quand je te dis que Paul me suffit !

Ta rengaine me lasse., je vais lui raconter, à ton petit fonctionnaire, comme tu maimes et, sil est aussi nul que tu le dis, il te plaquera et tu seras contente de nous trouver pour tes petits plaisirs ! Donc, lundi en quinze, à midi, rendez-vous ici, Léon sera en congé et je vous aiderai à vous connaître ! Il me fait reluire, sa queue te fera grimper aux rideaux ! Bon, tu as vu lheure, un dernier bisou damour et vite, sinon tu vas être en retard ! Il ne faut pas éveiller les soupçons de ton tyran domestique à petite queue ! »

Il est trop tard. Je sais et je me sauve.

Tu es arrivée tout pile, rouge, essoufflée, des boutons ouverts, les cheveux dépeignés. Le dernier round a été violent si je juge les résultats. Elle tente de te compromettre pour tassouplir. Jattendais ton retour en haut de lescalier. Tu mas regardé de façon étrange. Jai fait celui qui ne remarquait rien. À quoi bon remarquer. Jai vu passer Annie, lair satisfaite. Depuis, je ne bande plus. Tu as tout essayé, les mains, la bouche, la langue, tu mas présenté ta rose. Je nai pas voulu y mettre un doigt, ni ma langue, ni ma lamentable flèche brisée. Je nai plus dappétit pour ton berlingot. La vue de ton abricot me laisse de glace, mon nez ne reconnaît plus lodeur de ton con, ton jus na plus de saveur. Tu as toutes les bonnes raisons daller chercher ailleurs le bonheur que te promet ta meilleure amie. Le dégoût. Cest ça. Jai bien compris, la garce te tient. Vous avez été un peu plus quamies dans votre jeunesse. Et elle te fait chanter, elle menace de me le révéler. Tu as peur et tu cèdes. Elle sest de nouveau imposée, tu es redevenue sa chose. Je lai entendue, elle commande, elle donne les ordres et, bien que tu maimes apparemment, tu obéis. Tu vas accepter de coucher avec Léon. Ce sera un début. Après elle recrutera sur internet, tu auras droit à la panoplie complète des mâles en rut, pourquoi pas aux gros chiens, aux ânes ou aux chevaux. Et ça fera éjaculer La Truie.

Voilà où vient se greffer deux jours plus tard lhistoire de Jean et dOdile. Si tu rêves de te faire violer, ou tout comme, tu sais à qui tadresser. Si tu te complais dans linceste imposé ou consenti, Annie te prêtera lincestueux Léon. Tu seras à bonne école. Si ce salaud ne te suffit pas, je suis capable de te dépanner par internet. Et si tu tiens à une partie à quatre, ce fameux lundi, je recruterai mon remplaçant. Mais ne compte ni sur moi, ni sur ton fils, pour tes parties carrées.

Reste une question : Qui aimes-tu vraiment ? Ninvoque plus le chantage, tu sais que je sais, donc Annie possède un pétard mouillé, elle ne peut plus te faire de mal en te dénonçant. Et le pétard que tu lui suçais lautre midi ne mintéresse pas. Mais si tu tiens à ce quelle te fasse du bien, je ne me sens pas de force à lutter. Et si cest moi que tu aimes, nattends pas pour me le dire et pour me rendre ma force. Mais fais vite. Chasse mes doutes et tu me retrouveras en forme, redeviens ma chérie, vite.

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