Depuis la fenêtre de ma chambre d’hôtel en front de mer, je regarde les gouttes de pluie se déposer une à une contre la vitre. Je ne suis arrivée depuis qu’une heure et déjà je me demande ce qui m’a pris de venir passer deux semaines de congés, seule, hors saison et qui plus est en Bretagne…

Mais j’avais besoin de ce break alors que je viens de passer la barrière psychologique des 50 ans. Le temps est passé si vite, je ne m’en suis même pas rendu compte et j’ai l’impression de m’être réveillée il y a peu, avec un corps qui a vieilli d’un coup. J’ai l’impression de ne plus être désirable. J’ai eu la chance de connaître beaucoup d’amantes, quelques amants aussi, mais ce temps semble désormais derrière moi. Les regards ne se détournent plus sur moi.

La pluie dehors ne fait qu’accentuer ma mélancolie. Pourquoi n’ai-je pas choisi une destination pleine de soleil ? Mais peut-être avais-je besoin inconsciemment de cette grisaille, reflet de mon âme actuelle…

Je me décide finalement à descendre dans la salle de restaurant car il est l’heure du dîner. Les tables sont quasiment toutes inoccupées en cette saison. Octobre n’est certainement pas le mois le plus touristique de l’année !

Un serveur m’installe près d’une fenêtre. Il pleut toujours. Je regarde autour de moi. Quelques couples de personnes âgées sont installés. Et puis je remarque ces deux petits jeunes dans la vingtaine qui font presque tache dans le décor désuet de cet hôtel d’un autre temps. Enfin, mes yeux se posent surtout sur elle. Les cheveux très courts, des lunettes. Pour beaucoup, peut-être ne serait-elle pas leur style, mais elle correspond en tout point au mien. Je la trouve magnifique.

Se sentant peut-être observée, je la vois poser ces yeux un instant sur moi avant de les détourner aussitôt, comme si je ne représentais aucun intérêt pour elle. Ce qui est certainement le cas.

Mais je passe toutefois un agréable repas à voir son sourire se dessiner aussi souvent sur les lèvres tandis que son amoureux doit lui conter fleurette. Lui-même n’est pas sans charme, même s’il faut avouer qu’il est assez quelconque en comparaison de sa beauté.

Alors que je déguste mon café noir, je les vois se lever et sortir de la salle, main dans la main. Comme ils sont touchants. Je les imagine s’adonner à d’autres privautés plus audacieuses dans l’intimité de leur chambre d’hôtel.

Je suis jalouse.

Quelques minutes plus tard, je regagne à mon tour ma chambre et m’adonne à quelques délicieuses caresses sur mon lit en imaginant me glisser entre les jambes de ma belle aux cheveux courts.

Le lendemain matin, le temps est toujours gris mais il ne pleut plus. Je descends prendre mon petit-déjeuner mais mon cher petit couple n’est pas là, à mon grand regret. Peut-être sont-ils déjà partis et que je ne les reverrais plus jamais. Ainsi va la vie.

Vite préparée, je décide de m’accorder une petite promenade le long de la côte escarpée. Le paysage est splendide.

En ce lundi d’octobre, je ne croise guère de monde. Je décide de m’arrêter un instant sur un banc. Mes yeux se posent sur les vagues qui se fracassent successivement contre les rochers. Je me sens triste. N’aurais-je pas mieux fait de rester au boulot, à m’occuper l’esprit, plutôt que de broyer du noir ? Qu’espérais-je ? Que j’allais rencontrer une charmante jeune femme qui allait succomber à mon charme irrésistible et que nous allions passer nos journées à batifoler aux lits ?

Je n’ai jamais su m’attacher. J’étais fière de cette liberté d’ailleurs, mais alors que je sens la vieillesse poindre, je me demande si je n’aurais pas mieux fait de construire des relations durables pour éviter de me retrouver seule comme je le suis maintenant. J’imaginais sans doute que mon pouvoir de séduction serait éternel.

La notification d’un SMS sur mon téléphone me sort alors de ma rêverie. Mais ce n’est que mon concessionnaire de voitures qui m’offre une réduction sur mon prochain achat de pneus. Oh joie…

Après avoir repris ma promenade, l’appel du ventre se fait bientôt sentir et je rejoins mon hôtel pour le déjeuner. Mes yeux parcourent rapidement la salle afin d’identifier si mon couple préféré est dans les parages mais aucune trace de mes deux amoureux.

Je mange à la même place que la veille. Le serveur a été remplacé par une petite serveuse charmante aux cheveux roux. De quoi au moins agrémenter de façon agréable mon repas !

Mais voilà qu’arrivent enfin Miss cheveux-courts et son homme qui s’installent eux aussi à la même place que la veille. Peut-être ont-ils passé toute la matinée au lit ? L’image n’est pas déplaisante à imaginer. Je suis sûre qu’elle est charmante quand elle jouit ! Mais sait-il au moins prodiguer un bon cunnilingus ? Car, de mon côté, sans me vanter, je pense être assez douée en la matière.

J’imagine un instant si mes deux tourtereaux pouvaient entendre mes pensées en cet instant précis. Sans doute seraient-ils choqués qu’une vieille telle que moi soit en train de les imaginer au lit. Voilà, le mot me vient naturellement désormais : je suis vieille, moi qui jusqu’ici me trouvais toujours jeune.

Les cheveux courts ne vont pas à toutes les femmes, c’est indéniable. Il faut avoir un visage suffisamment fin et c’est bien le cas de ma belle brune à lunettes. J’imagine qu’elle se doute qu’elle doit plaire aux deux sexes ainsi coiffés. Mais a-t-elle seulement goûté au moins une fois aux amours féminines ? Rien n’est moins sûr.

Et si tout à coup je me levais et je leur proposais, le plus naturellement du monde, un plan à trois ? Comment réagiraient-ils ? Prendraient-ils seulement le temps de réfléchir à la question ? Je crois surtout qu’ils fuiraient immédiatement, et je ne pourrais que les comprendre.

— Excusez-moi, voulez-vous prendre un café en ma compagnie ?

Je suis sortie de mes pensées par cet homme qui soudain m’interpelle. Je lève les yeux vers lui. Il s’agit d’un monsieur assez âgé (je lui donne dans les 70 ans), au demeurant charmant et bien de sa personne. Je n’ai jamais été spécialement attirée par les hommes plus âgés que moi mais son attitude respectable couplée à sa gentillesse (et sans doute à ma solitude) me font accepter son invitation.

Je quitte donc ma table pour m’installer un peu plus loin en sa compagnie. Je perds hélas de vue mon cher petit couple, mais il est peut-être préférable que j’arrête un instant de trop me focaliser sur eux.

— En vacances ? me demande-t-il alors.

— Oui, pour deux semaines, j’avais sans doute besoin de m’aérer l’esprit ! Et vous ?

— Oh moi je suis en vacances toute l’année vous pensez bien, à mon âge, mais j’aime bouger un peu et sortir de chez moi. Je viens environ une fois par an ici, j’ai toujours aimé l’ambiance particulière de la côte bretonne.

— Moi c’est la première fois que je viens, j’étais venue en Bretagne étant jeune mais je n’en garde pas forcément beaucoup de souvenirs.

Nous continuons de discuter ainsi un bon moment. J’apprends qu’il est veuf depuis plusieurs années et que ses enfants sont rendus aux quatre coins du monde. Je perçois sa solitude à travers ses mots, et j’imagine qu’il perçoit aussi la mienne derrière les miens.

Je prends plaisir à échanger avec lui, il se dégage une certaine sérénité de sa personne qui me plaît beaucoup.

Tout à coup, du coin de l’il, je vois passer Miss cheveux-courts et son compagnon qui sortent de la salle de restaurant. Je perçois aussi clairement le regard de mon interlocuteur les suivre un instant du regard. Je m’amuse à imaginer qu’il les observe peut-être autant que moi et qu’il est venu me parler pour se les sortir un peu de la tête.

— Accepteriez-vous d’accompagner un vieux tel que moi à Ploumanach cet après-midi, je pourrais vous faire découvrir la magnifique côte de granite rose ?

Je souris devant sa proposition qui d’un coup me fait me sentir plus jeune, sans doute volontairement en insistant sur son propre âge. Il est vrai qu’il a plus de vingt ans de plus que moi puisqu’il m’a appris qu’il avait 74 ans quand finalement j’en ai que 50.

J’accepte son invitation, j’étais évidemment venue dans la région avec l’idée de découvrir cette célèbre côte, et je pense que ma visite n’en sera que plus intéressante en sa charmante compagnie.

Au volant de sa belle BMW, le voilà qui se transforme en guide touristique passionné, heureux de me faire découvrir cette région qu’il connaît effectivement bien. Le trajet jusqu’à Ploumanach ne dure guère longtemps et nous commençons notre promenade le long de la côte, au milieu de ces rochers gigantesques aux couleurs originales. Nous arrivons jusqu’à un joli phare de la même couleur que les rochers. L’endroit est vraiment charmant et le vent de la mer qui souffle fait partie intégrante du paysage.

Nous nous asseyons sur un petit muret et Jean-Paul – c’est son prénom – me confie qu’il ne se lasse jamais de venir ici. A voir son regard, j’imagine que certains souvenirs liés à cet endroit remontent dans sa mémoire mais je n’ose me montrer indiscrète.

Et au moment où il se penche vers moi pour m’embrasser, je suis heureuse de ce rapprochement qu’inconsciemment je souhaitais. Le baiser dure quelque peu et je sens bientôt sa langue se montrer plus hasardeuse. Mais même dans cette situation, il conserve son élégance naturelle.

Sans rien dire, nous finissons par nous lever et reprenons notre chemin, main dans la main.

Je me sens bien en sa compagnie. Il ne ressemble en rien à mes amantes habituelles, ni même aux quelques hommes qui sont passés dans mes bras, mais tout cela me semble pourtant naturel, comme si je l’avais toujours connu, ou pour mieux dire, attendu.

De retour à l’hôtel, nous croisons mon cher petit couple qui semble aussi revenir d’une excursion. Qu’ils sont beaux et pleins de vie, à l’opposé de nous c’est certain. Ils nous font un sourire alors qu’ils passent à côté de nous. Je me retourne et je le vois qui donne une petite tape sur les fesses de sa jolie compagne. Jean-Paul a eu le même réflexe de se retourner que moi et alors que nous nous surprenons mutuellement dans notre observation, nous ne pouvons retenir de rire.

— Ils sont mignons, finis-je par dire.

Il ne peut qu’acquiescer.

Puis, sans que nous n’ayons quelque chose à dire, nous nous dirigeons vers sa chambre. Elle est située un étage au-dessus de la mienne et donne également sur le front de mer.

Nous reprenons notre baiser.

Et nous retirons nos vêtements.

Certes, nos deux corps n’ont plus la fraîcheur de notre jeunesse et son pénis n’a plus la vigueur de ses jeunes années, mais sa langue n’a rien à envier à celle de mes nombreuses amantes. Je suis sûre que Miss cheveux-courts n’aurait pas été aussi habile.

Et c’est ainsi que j’ai repris vie dans les bras d’un homme de 74 ans.

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